REPALEAC

Le Réseau des Populations Autochtones et Locales pour la gestion durable des écosystèmes
forestiers d’Afrique Centrale (REPALEAC) est une organisation de la société civile d’échelle
sous régionale et un réseau spécialisé de la Conférence sur les Ecosystèmes Denses et
Humides d’Afrique Centrale (CEFDHAC), plateforme de regroupement des Organisations de
la Société Civile (OSC) œuvrant pour la bonne gouvernance et la gestion durable des forêts
d’Afrique centrale auprès de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC).
Créée à Kigali en 2003, il y a près de quinze ans, le REPALEAC et ses réseaux nationaux actifs
du Burundi, du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la République
Centrafricaine, de la République Démocratique du Congo et de la République du Tchad, du
Rwanda mènent des actions en vue de défendre les droits des Peuples autochtones et des
communautés locales et la pérennité physique et substantielle des écosystèmes auxquels ils
sont intimement liés et desquels dépendent leur survivance d’une part et, d’autre part,
développent des initiatives visant à implémenter le leadership autochtone au moyen de : (a)
leur participation et la prise en compte de leurs avis dans les sphères de négociations
afférentes aux problématiques en lien avec les peuples autochtones et la mise en valeur des
écosystèmes ; (b) du développement de modes de vie, de création de valeurs, de richesses
multiformes en adéquation avec leurs us et coutumes en vue de contribuer à la gestion
durable des ressources naturelles.
Un processus du renforcement institutionnel du REPALEAC qui a connu un tournant décisif
en 2016 au cours de l’atelier sous régional dénommé “Douala 1” intitulé : «Dialogue sous
régional des populations autochtones d’Afrique centrale sur les stratégies et plans nationaux
REDD+ et d’adaptation climatique » et s’est poursuivi en 2017 par l’organisation d’une série
de 4 ateliers régionaux à Douala au Cameroun1 vient d’aboutir à l’élaboration du cadre
stratégique et cadre de résultats du REPALEAC pour une période allant de 2018- 2025. Ce
cadre est basé sur 4 axes prioritaires à et axe transversal à savoir :
Axe 1 : Sécurisation des terres, territoires et ressources naturelles des PACL
L’accès aux terres, territoires et ressources naturelles est essentiel pour notre survie.
Cependant, au fil des siècles, nous avons perdu l’accès à nos terres ancestrales pour de
multiples raisons telles que l’exploitation à large échelle des ressources naturelle,
l’expansion de l’agriculture, la création d’Aires Protégées, l’absence de reconnaissance
légale, etc. Nous voulons continuer le dialogue avec nos gouvernements et toutes les autres
parties prenantes pour résoudre cette problématique et sécuriser nos droits de propriété et
ses démembrements, qu’ils soient collectifs ou individuels, formels ou coutumiers.

1 4ateliers sous régionaux dits : Douala 2 du 10 au 12 avril 2017, Douala3 du 31 mai au 03 juin 2017,
Douala4 du 21 au 24 juillet 2017, et Douala 5 du 22 au 23 octobre 2017 et présentation du cadre
stratégique à l’événement parallèle en marge de la 17ème Réunion du Partenariat pour les forêts du Bassins
du Congo (PFBC) du 24 au 27 octobre 2017.
Axe 2 : Participation des PACL dans les décisions concernant l’accès, la gestion
durable des terres, forêts, et ressources naturelles aux niveaux local, national et
international.
Nous désirons pouvoir participer plus activement dans les processus de prise de décision sur
l’usage et l’affectation des terres, et intégrer nos savoirs et connaissances traditionnels dans
les politiques et programmes liés à la gestion des terres, forêts et ressources naturelles
d’Afrique Centrale. Le renforcement de la participation des PACL dans la gouvernance des
terres et des ressources naturelles est le prolongement de la reconnaissance de notre
présence historique et de notre rôle pour la préservation du capital naturel. Elle nous donne
l’assurance que les communautés sont informées, consultées et ont l’occasion de donner
leur consentement préalable pour toute politique d’aménagement du territoire ou choix
d’affectation des terres.
Axe 3 : Accroître les bénéfices économiques durables pour les PACL liés à la gestion
durable des ressources naturelles et des forêts
Il est fondamental pour nos communautés d’augmenter les bénéfices financiers et non
financiers tirés de l’exploitation durable de la forêt. Cela passe par un meilleur partage des
produits des activités économiques liés à la forêt, à travers une meilleure reconnaissance par
les acteurs économiques des droits des Peuples Autochtones et communautés locales et la
mise en place de mécanismes de compensation au profit des communautés. Mais cela
signifie aussi que nos capacités doivent être renforcées afin que nous puissions développer
nous-mêmesdes initiativeséconomiques durables pour sortir de la pauvreté au
traversd’activités respectueuses de la forêt, telles que le développement des Produits
Forestiers Non Ligneux.
Axe 4 : Amélioration des conditions de vie des PACL
Nous constatons que bien souvent les Peuples Autochtones et communautés locales peinent
à accéder aux services de base, que beaucoup d’entre vous vivent dans l’extrême pauvreté
et que nous sommes souvent exclus et marginalisés dans nos pays respectifs. Nous pensons
que le travail fait sur les trois premiers axes pourra contribuer positivement à l’amélioration
de nos conditions de vie en nous permettant de prendre en main notre propre
développement et d’investir dans nos communautés.
Axe Transversal : Défendre les intérêts des PACL en Afrique Centrale
La défense des intérêts des PACL, qui sous-tend nos quatre axes prioritaires, passe
nécessairement par le renforcement des capacités des organisations qui nous représentent,
telles que le REPALEAC, et par la consolidation systématisée des données et connaissances
sur nos cultures riches et diverses. En effet, malgré la grande masse de données et de
connaissances que les PACL aident à créer à l’occasion de projets de développement ou de
programmes de recherche en écologie ou en ethnologie, nous ne disposons pas de moyen
de capitaliser ces connaissances, de nous les approprier et de pouvoir les mettre à la
disposition de tous, y compris nos communautés.

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